PEINDRE EN « TRÈS GRAND »

De telles commandes, c’est à dire celles concernant des réalisations de plusieurs centaines de mètre carrés, sont relativement rares… elles émaneront d’institutions publiques ou de grandes entreprises.

Dans la fin des années 80 la peinture sur bâches d’échafaudage, que j’ai pratiquée en Région Parisienne, étaient presque devenues courantes dans les cheminements de l’espace urbain… c’est avec la part dominante de la publicité dans ce secteur d’activité que l’impression numérique a transformé notre profession. Elle a, de plus, souvent écarté de la préoccupation des afficheurs autant 1- la pérennité du travail affiché que 2- la transmission d’une sensibilité artistique au travers du visuel de leur message.
L’impression numérique a permis de diviser les coûts de production de peinture à grande échelle par trois ou quatre (?) sans évoquer ici la rapidité de mise en œuvre !

Mais raréfaction ne signifie nullement disparition, et le public découvrira toujours, au détour de son chemin, une œuvre surprenante par ses dimensions, ouverture vers son imaginaire et qui le marquera pour longtemps…

 

 … et puis, pour continuer, voici quelques réflexions relatives à ce qui a finalement fait mon travail qui est une création que j’ai voulue au plus près de la préoccupation et du souhait des utilisateurs, et qui puisse correspondre aux vœux du décideur…

CONSTAT :
Peindre pour des institutions est rendu possible suite à des successions d’états de faits qui ne seront pas nécessairement exclusifs : accéder à une opportunité par un appel d’offres, avoir de l’entregent, avoir une obstination doublée d’un sens commercial avéré, avoir en permanence, présentes à l’esprit toutes les données relatives à son objectif -i.e. : trouver la « porte d’accès »- qui feront que d’une conversation banale émergera une opportunité de contact, …

MÉTHODE :
Il semble établi que n’importe qui soit à moins de six niveaux de contact de n’importe qui d’autre sur terre, par les arborescences, en cascade, de ses relations : jusqu’au Dalaï Lama ou au Président des États-Unis … D’où ma règle : ne pas hésiter à poser des questions à celui ou celle avec qui l’on rencontre une opportunité d’échanger, même l’espace d’un instant, sans hésitation ni timidité contenue : je raconte qui je suis, ce que je cherche et j’ose le dire. Cette attitude a souvent porté ses fruits : l’interlocuteur est souvent « flatté » ou simplement satisfait de permettre la clarification d’une situation complexe, même pour un inconnu, et il fera alors le pas attendu : « Appelez M. Untel de ma part » dira-t-il en vous tendant sa carte, ou en vous proposant d’enregistrer un numéro sur votre téléphone portable, pendant qu’il vous parle…

CHRONOLOGIE :
Quand j’ai choisi de faire en sorte que  la peinture murale devienne mon moyen de subsistance, les modifications législatives permettaient alors l’expansion de cette technique dans les espaces publics, ce qui pour moi en constituait le seul intérêt ! Certaines entreprises de ravalement se sont engouffrées dans ce nouveau secteur d’activité spécifique, ce qui a été le cas de l’un des promoteurs de la peinture murale publicitaire monumentale en France, à savoir Pigment 14, qui avait plusieurs peintres décorateurs (dont un peintre roumain très compétent, réalisant les décor sur des surfaces qui me faisaient rêver…le long du Périphérique à Paris). J’ai réussi à séduire le responsable commercial qui m’a fait confiance en me confiant ma première peinture extérieure, en tant que responsable du chantier : la publicité pour « Le dernier Empereur », 70m² rue de Passy. Ce mur avait été rendu célèbre et très remarqué par la première peinture réalisée sous la nouvelle législation : « Les joueurs de tennis » (en écho au Tournoi de Roland Garros, puisque proche de la porte d’Auteuil). J’ai beaucoup travaillé pour Pigment 14… jusqu’au départ de son commercial, ce qui a provoqué la fermeture de la structure…

Mes rencontres m’ont ensuite permis de travailler pour la très importante entreprise de peinture parisienne, la société Thomas & Harrison, qui m’a proposé, durant de nombreuses années, des chantiers de création et de réalisation de peintures décoratives, souvent monumentales. J’ai ainsi eu le plaisir de travailler pour de grandes entreprises (SNECMA (100 m²) , EDF, IBM, Citroën (450 m², 75 m²), Peugeot (château d’eau :  travail à plus de 70 m du sol), Colgate-Palmolive (1000 m²)…), ou pour des institutions publiques (Ville de Paris : 800 m²). Ma pleine satisfaction a été nourrie par le fait que les projets réalisés pour T&H ont souvent été mes créations. Parfois, orchestrées et fédérées par moi-même, les idées des usagers ou des publics concernés viennent alimenter la source de mes propositions que j’aménage ensuite en maquette à proposer au décideur.

MA DÉMARCHE :
J’étais, à cette période de ma vie d’artiste, motivé par le thème récurrent de la « transformation » : animé par l’idée que tout ce qui existe est en perpétuelle évolution, que l’homme change en permanence et que son épanouissement passe par la prise en compte de cette réalité, l’acceptation de sa remise en question, jusqu’à la TRANS-FORMATION ultime qui est son passage au-delà de la forme. Mes peintures relataient alors des évolutions graphiques, comme celles d’un film qui serait alors décomposé en une succession d’arrêts sur images (effet stroboscopique). Passage d’une forme à une autre. Mon accroche visuelle étant alors celle d’un mobilier urbain, ou l’évocation d’une scène du quotidien, par exemple, évoluant par autant d’étapes que possible au su de la dimension du mur, vers une situation finale, qui d’allégorique pouvait aller jusqu’à une simple suggestion de bien-être ou de satisfaction objective…

Comme je l’ai évoqué dans la présentation de l’auteur de ce blog, mon arrivée dans la région de la Côte-d’Azur m’a orienté vers d’autres modes d’expression, que je rejetais globalement jusqu’ici, ne ressentant pas l’utilité de  : « peindre ce qu’une photo rend mieux », constat obtus évalué avec mes yeux d’alors…

Ici dans le Sud, passer dans des ruelles de vieux villages vous imprègne d’une sensation de couleur chaude, intense et naturelle… les « délires » de couleurs violentes, les contrastes qui révèlent leurs énergies trop vives -à mon goût- qui sont comme des appels à une innovation provocatrice, me paraissent ne justifier rien d’autre que le « désir d’exister », pour ce qui me concerne, à tout le moins. Sinon celui d’être l’illustration d’un contraste (social, musical, naturel, …), symbole du sujet représenté … ?

Mon travail pour les institutions n’a pas été très prolifique sur la Côte-d’Azur, c’est-à-dire depuis 2000 : mes besoins de création artistique se « défoulant » avec la photographie, mes contrats ont été moins nombreux … Mais c’est avec passion que toute nouvelle commande prend le pas sur mon quotidien et que je retrouve cet immense plaisir de peindre EN GRAND !

3 réflexions sur “PEINDRE EN « TRÈS GRAND »

  1. Pingback: YOP – freskart

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